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Mardi 6 mars 2007 2 06 /03 /Mars /2007 13:52

Un sommet au nom prémonitoire, une faune sauvage qui se réveille avec le printemps naissant, de vastes espaces vierges de toute présence humaine... Bienvenue, vous êtes en Vésubie !


Dimanche 4 mars, nous partons, mon père et moi, pour gravir respectivement les Têtes de Siruol, (2 053 m), de Courpatou (2 065 m) ainsi que Pointe de Siruol (2 018 m). Pour réaliser cet enchaînement que je n'ai trouvé dans aucun topo, nous décidons de partir du village de Roquebillière, au lieu-dit « Plangast ». Ces trois sommets, simples mamelons qui nous dominent 1 400 m plus haut, sont bien visibles dès le départ ; d'un simple regard, nous anticipons tout le cheminement qui nous attend !

Vue d'ensemble de la randonnée


Durant la première demi-heure, nous laissons derrière nous le village en nous élevant au milieu d'anciennes habitations restaurées, idylliquement posées au milieu de prés verdoyants ou de vergers fleurissant. Oubliant bientôt cette vision bucolique, nous empruntons le sentier valléen de la Vésubie menant à Venanson, plus loin dans la vallée. Au milieu d'une végétation méditerranéenne typique de cette altitude - genévriers cades, buis et pins sylvestres - le sentier se faufile habilement de manière à contourner la crête effilée de Graissacan qui semble vouloir arrêter notre progression. Dans ce défilé calcaire grandiose, nos pas résonnent sur les parois qui nous surplombent. A coup sûr, elles doivent abriter des couples de tichodrome échelette nichant dans les sombres anfractuosités, mais une observation détaillée aux jumelles ne révèle pourtant rien.

Après quelques lacets bien appuyés et une traversée sous le couvert forestier d'une jolie pinède à Pinus sylvestris cités ci-dessus, nous débouchons sur un collet orienté est-ouest. De là, un changement de direction plein nord nous permet d'atteindre rapidement la crête qui nous mènera, presque sans encombre, directement aux sommets convoités. Mais pour cela, il nous faudra composer avec les velléités d'un patou veillant jalousement sur le troupeau de moutons qui se présente sur notre itinéraire.

Le conseil de guerre, entre père et fils, sera tenace. Puis la décision tombe, irrévocable : nous passerons ! Protégés par nos bâtons télescopiques, et armés d'un courage qui a tendance à fondre à l'approche du vil canidé, nous bravons stoïquement ses aboiements menaçants tout en maudissant le berger qui laisser de telles terreurs divaguer dans la nature. Prêts à dilapider l'animal en cas de tentative d'agression, nous l'invectivons de nos funestes menaces. Finalement, en gardant nos distances avec le troupeau, nous parviendrons à dépasser "Pâturator" qui reprendra bien vite son occupation favorite : la sieste !

Quand je disais que la toponymie du sommet était prémonitoire, je ne croyais pas si bien dire.

      Sous la Tête de Siruol (2 053 m)


La pause repas au sommet est bien évidemment méritée. Avec une certaine béatitude, nous nous laissons envahir par le paysage que s'offre à nous, même si le manque de neige sur les hauts sommets nous interpelle quelque peu. Le Mercantour ressemble déjà à un mois de juin. Seules les hautes vallées du Var et du Verdon, plus à l'ouest, semblent pour le moment avoir tiré leur flocon du jeu.

A défaut d'un digestif, j'extirpe du sac-à dos mon carnet pour immortaliser, par un rapide croquis, les pentes dégarnies du Mont Mounier. Inondés de soleil, bercés par le silence qui nous entoure, nous suivons avec ravissement le ballet des aigles royaux tournoyant dans les airs, tandis qu'un renard roux s'active, une centaine de mètres sous nos pieds, à la recherche de menus rongeurs à croquer.

La Haute Vésubie : Gordolasque & Madone de Fenestre


Avec un départ sur le coup des 7 h, c'est à midi sonnante que nous entamons le retour. D'abord par un peu de hors sentier, avant de couper ensuite la piste menant à la Vacherie de Roquebillière. La navigation à l'altimètre n'a plus à faire ses preuves, ce qui ne nous empêche pas d'évoquer passionnément les avantages et inconvénients de l'Evadéo, dernier-né des GPS que notre célèbre IGN vient de développer.

L'aiguille de l'altimètre s'affole dans la vertigineuse descente de la crête de l'Abécoulié. Hameaux et cultures victimes de la déprise rurale sont les témoins muets de notre retour à la civilisation, qui à lieu à 14h45 précisément. L'atterrissage est parfait, tout en douceur pour nos rotules.

Il est temps pour nous de dresser le bilan : 1 500 m de dénivelé, 13 km pour 6h de marche effective. Et dire que sans ce patou, nous aurions peut-être pu apercevoir un loup, énigmatique animal qui fait la fierté de nos massifs, mais que peu d'élus ont eu la chance, ou le malheur, de rencontrer au détour d'un chemin, d'une bergerie.

Par Fred - Publié dans : Mes randos
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