En ce dimanche 2 septembre, Stéphanie et moi nous sommes livrés à notre activité favorite depuis la naissance de Clément : un pique-nique champêtre à Caussols. Au programme : déjeuner dans l'herbe, sieste sous les pins sylvestres, puis biberon pour les uns et trail pour moi-même...
Situé au nord de Grasse, ce haut plateau calcaire culmine à 1 100 m d'altitude en moyenne, dans un vaste amphithéâtre de montagnes dominé au nord par le Signal de Calern (1 458 m) et au sud par la Colle des Maçons (1 417 m) et le Haut-Montet (1 335 m).
Le plateau de Caussols, Alpes-maritimes
Constitué d’une plaine de rochers au sud - les "Claps" - et d'une plaine de prairies et de cultures en son centre, le plateau de Caussols présente un des paysages karstiques les plus typiques d’Europe, après ceux de l’ex-Yougoslavie dont le terme « karst » fait d’ailleurs référence. On y trouve ainsi toutes les figures caractéristiques d’un modelé karstique et de son érosion : dolines, lapiaz, poljé et bien sur avens et grottes qui font le bonheur des spéléologues dont je fais moi-même partie.Pour la quatrième reprise depuis la naissance de Clément, nous retrouvons avec plaisir « notre » coin de pique-nique préféré qui se situe au début de la route des Claps. Dans un renfoncement de la chaussée, nous parquons discrètement la voiture sous les pins sylvestres avant de déballer sur l’herbe notre volumineux barda : table pliante, couvertures, plaids, et enfin transat et poussette (pour le bébé). Nous partageons quelques parts de pizza accompagnés par les sourires et gazouillis sonores de Clément. En ce tout début du mois de septembre, les températures se sont nettement rafraîchies et la luminosité s’apparente déjà à un ciel d’automne. Nous savourons pleinement cette atmosphère que nous aimons retrouver chaque année après le pénible épisode estival.
En guise de digestif, je suspends Clément dans so
n porte-bébé ventral. Objectif de notre virée entre hommes, prospecter carte à la main quelques-uns des avens bordant la voie dite « romaine », lieu de passage autrefois largement utilisé par les muletiers qui sillonnaient l’arrière-pays grassois. Ainsi harnaché et lourdement chargé, ma progression n’est pas très aisée, aussi je ne m’aventure pas en direction des anciennes « glacières » dont je remets l’exploration à plus tard. Au passage, je découvre l’entrée de l’aven Alain et la doline d'entrée de l’aven du Perchoir, mais Clément s’est endormi et semble finalement très peu porté par les histoires de spéléologie !
Sur le chemin du retour, je repère de très beaux massifs d’aubépine chargés de fruits mûrs. Il faudra revenir au printemps cueillir les fleurs délicates dont la consommation en infusion est recommandée pour ses propriétés apaisantes.
Clément change maintenant de mains et se prépare à avaler son biberon tandis que je chausse mes nouvelles chaussures de running. C’est le moment de les tester sur les sentiers caillouteux du plateau, pour un petit trail de fin d’après-midi (Cf. Carte n° 1 et Carte n° 2 en fin d'article)
J’y retrouve le tracé du GR4 qui s’élève régulièrement sur le flanc sud de la barre de Calern. Dans la pente, je ralentis l’allure et c’est plus en marchant qu’en trottinant que je débouche vers 1 260m sur le plateau homonyme. A cette heure, l’éclairage rasant du soleil fait ressortir le moindre relief du terrain et rend le paysage plus net de beauté et de précision. A ma gauche se découpe la longue crête du Cheiron, tandis qu’à ma droite et en contrebas, la longue plaine de Caussols se déroule sous mes yeux. C’est toujours en longeant le bord du plateau que je dépasse les installations de l’observatoire qui fait partie avec les sites de Nice et Saint-Vallier de l’Observatoire de la Côte-d’Azur (O.C.A.)
Peu avant le mamelon herbeux de la Colle de Rougiès, je teste une sente caillouteuse à souhait qui me ramène bien vite au niveau du plateau de Caussol, en ayant au passage malmené quelque peu mes articulations. Retrouchant la voie romaine à son extrémité nord, je l’emprunte en sens inverse pour retrouver quelques minutes plus tard mon point de départ initial.
Moi qui avait très largement prévu 1 heure pour la réalisation de cette boucle, elle aura en définitive duré 1h40, pour une distance sous-estimée de 12 km. Une fois de plus, je me serai fait piéger par la beauté sauvage de Caussol…